J’ai toujours trouvé très imagée cette expression qui
traduit bien la longue journée que je viens de vivre: «avoir le trou d’cul en t’sours
du bras…» Parce que c’est ça. Mais je ne vais pas m’en plaindre. J’ai fait un
voyage extraordinaire, avec une amie fabuleuse (merci, ma belle Stéphanie!). J’ai
rencontré des gens exceptionnels, autant mes vieux amis de Lille que mes
nouveaux amis de la région bordelaise… Mais il fait bon revenir à la maison.
Je crois que le plus épuisant est sans doute de charrier les
valises… Hier, Thierry nous avait donné un coup de main inattendu à la gare,
puis on savait que Michaël, mon esclave adoré, serait à Dorval pour venir nous
chercher. On avait donc juste un tipeu de charriage au milieu. Heureusement, à l’aéroport
Charles-de-Gaulle, il y a des caddys, ce qui n’est pas le cas dans les gares
(ce que je ne comprends pas, d’ailleurs). Parce que, partie avec une seule
valise, je reviens avec deux. Oui, j’ai eu quelques cadeaux (notamment à
Lille), mais j’ai acheté tout plein de cossins français que je ne trouve pas
ici. Je n’y peux rien: c’est mon amour fidèle pour des affaires aimées pendant
mon séjour lillois, il y a 25 ans (misère!) Parce que je suis une fille fidèle
en amour, moi.
Parfois, dans des journées comme ça, je rêve à la
téléportation. Pouf! Montréal. Pouf! Bordeaux. Pouf! Amsterdam. Pouf! Londres.
Ça ferait de jolies fins de semaine. Mais il me faudrait choisir : partir
en pouf! Ou partir avec Azarius… Dilemme cruel. Mais au fond, j’aime beaucoup
voyager en avion. Surtout en classe affaires!
Stéphanie a un peu expérimenté la chose: elle s’est
enregistrée au même comptoir que moi (la dame à l’accueil a été très gentille),
est passée par la ligne express pour la sécurité, a reçu ses valises dès son
arrivée auprès du carrousel à cause de l’étiquette «prioritaire» qui y était
attachée… On s’habitue vite à ce luxe! Pourtant, attendre, pour moi, est un des
plaisirs du voyage. Je suis, dans ces cas-là, d’une patience exemplaire (même
si la patience n’est pas vraiment ma plus grande qualité…) Cet après-midi, derrière nous, il y avait une famille de Français
(plutôt normal quand on prend l’avion à Paris) à qui j’aurais arraché la tête
(vous voyez que je peux ne pas être patiente). La mère surtout. Je pense qu’elle
avait envie d’entrer dans mon sac à dos tellement elle se tenait tout près de
moi. Mais c’est qu’il n’y avait pas de place pour elle dans mon sac à dos! Et
elle n’a pas arrêter de soupirer, de danser sur place, de resoupirer, de
critiquer le manque de personnel, les membres d’équipage qui passaient devant
nous, la lenteur du tapis roulant pour déposer nos objets. Y’a rien qui a
échappé à sa critique ou à son soupir. Ce n’est pas attendre qui me dérange; c’est
attendre en avant de ces gens-là qui m’exaspère. Ça n’ira pas plus vite en
soufflant ainsi…
Les huit heures passées dans l’avion ont été agréables même si
on a eu un peu de turbulence quelque part au-dessus de l’Atlantique. J’ai eu le
temps de regarder trois documentaires pendant le souper (parce que c’est long,
le souper, en classe affaires... c’est un 4 services!). Affaire gossante,
toutefois: on a voyagé sur Air Canada. Compagnie nationale. Ça me fait chier
que les trois documentaires que j’ai regardés n’aient été offerts qu’en
anglais. Je n’ai pas de problème à comprendre l’anglais… mais c’est le fait que
c’était sur les ailes d’Air Canada qui m’a écœurée un tipeu. Le français est
une langue nationale, t’sais. Bon, j’ai aussi eu le temps d’écrire un chapitre
du roman que j’ai en chantier. J’ai même fait une tite sieste.
J’ai retrouvé mon Azarius chéri dans l’entrée chez
Stéphanie. Il a ronronné de bonheur quand je l’ai pris dans mes bras en
arrivant. Azarius dégage une odeur très caractéristique que je retrouve chaque
fois avec un grand sourire: «Coucou, c’est moi!»
Prochains jours?
Du lavage… Vous devriez me voir les tas sur le plancher de
la cuisine.
De replaçage… Françoise, Paule et Jean-René ont laissé l’appartement
dans un excellent état. Sauf que, pour leur faire de la place, j’avais vidé des
tiroirs de commode et le garde-robe d’entrée… où il me faut maintenant remettre
les vêtements que j’avais foutu dans des sacs oranges…
Du travail… Parce que oui, ça recommence officiellement
lundi. Sauf que si j’attends lundi et que je fais du déni en attendant, je vais
tellement être dans la merde que je suis mieux de commencer à réfléchir tout de
suite et à ressortir mon agenda!
Un genre de bilan: ma visite à Lille (qui me semble déjà trop
loin) et celle à Bordeaux. Alors, n’allez pas trop loin, ô mes adorables
liseurs!
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