Bilan lillois
Quel bonheur d’avoir l’impression de revenir chez moi :
marcher au hasard sans carte, arpenter les allées du Furet, regarder les trains
arriver à la gare de Lille-Flandres, passer devant le 52 rue de Douai, aller
chez Auchan à V2, prendre le petit métro automatique à deux wagons, constater
que l’agence de la BNP où j’avais mon compte est fermée, aller sur le campus de
l’université de Lille 3 désert en ce milieu de juillet…
Mais le plus important, revoir les amis: Dominique, Yves,
Brigitte ainsi qu’Anne et André chez qui j’ai habité pendant les quelques jours
passés dans le Nord. Et ceux que je n’ai pu voir: Pascaline et Denis. Merci
pour cet accueil si chaleureux. Pour moi, Lille revêt un caractère bien spécial
compte tenu de l’impact que cette année de DEA a eu sur moi, il y a 25 ans.
Savoir qu’après toutes ces années, on est encore là, à se donner des nouvelles
et à s’inquiéter les uns des autres me rassure sur les humains… On n’est pas
tous des cons!
Bilan bruxellois
Neuf ans plus tard, revoir Suzanne. C’est l’organisation du
Marathon d’écriture, en 2008, qui nous a réunies. Le bonheur vécu à cette
époque, tant par les vieux profs qui avaient organisé cette folie que par nos
jeunes étudiants nous montre bien, encore une fois, que c’est le rapport humain
qui compte dans l’enseignement (et dans tout le reste, d’ailleurs!) Parce qu’au-delà
de ces 24 heures consécutives de création littéraire qui ont forgé de
magnifiques souvenirs, ce sont les relations humaines qui restent.
Bilan bordelais
C’était quand même Bordeaux, le clou de ce voyage, Lille et
Bruxelles n’étant «que sur le chemin»… C’est à Françoise que je dois mon
passage dans le sud-ouest de la France. Parce que pendant que je vivais des
moments inoubliables à Bordeaux, elle habitait chez moi, avec deux amis,
découvrant Montréal et une partie du Québec.
J’ai passé la première semaine à Bordeaux toute seule comme
une grande, en faisant des découvertes échevelées: un peu de Bordeaux pour en
tomber amoureuse dès le premier regard (ça s’appelle un coup de foudre, ça!),
mais aussi une virée à Toulouse-Blagnac pour visiter Airbus et un arrêt à Jegun
sur la route du retour pour aller saluer le sympathique Irlandais Michael de la
part de mes amis du QW4RTZ! Puis, une virée à Paris et à Reims, pour voir
Michaël et Émilie… et ramener Stéphanie à Bordeaux!
Stéphanie et moi, on a organisé nos découvertes en deux
temps: d’abord Bordeaux, puis le Bordelais.
Ah, Bordeaux. La magnifique gare Saint-Jean, le spectaculaire
pont Jacques-Chaban-Delmas, le pont de pierre désormais fermé à la circulation
automobile, la cité du vin, le bar à vin, le vieux Bordeaux, la Garonne dont le
niveau varie selon les marées, l’opéra, le miroir, les 20 statues d’homme
dispersées dans la ville, le musée sur la résistance Jean-Moulin, la base
sous-marine (et son éléphant pendu par la trompe qui tournait sur lui-même!),
le marché St-Michel, le quartier des Chartrons, la croisière sur la Garonne, le
quartier Saint-Éloi, le concert d’orgue à l’église St-André, celui au Château
Pape-Clément, les promenades le long des quais, le flânage en ville dans le
Bordeaux-by-night et les promenades en tramway. Et mon quartier, Bastide: le
lion de la place Stalingrad, la guinguette chez Alriq, l’écocentre Darwin, l’église
Sainte-Marie, le Jardin botanique, la boulangerie Le grenier à pains, et notre
maison, si agréable.
Et puis, les moules et frites, les huitres, le vin, le foie
gras, les canelés et les macarons…
Et autour de Bordeaux… Oradour-sur-Glane (de sinistre
mémoire), Saintes, le bassin d’Arcachon (même si en revenir, en voiture,
nécessite une patience d’ange), Soulac-sur-Mer (quel nom géographiquement hilarant!),
le phare de Cordouan, Blaye, Bourg… Rien n’était totalement prévu ni non prévu.
On s’est beaucoup laissé porter par nos envies, passant plus de temps ici et
moins là, rayant des lieux sur notre liste en choisissant de s’attarder
ailleurs… C’est cette liberté que j’apprécie tant à faire un échange de maison.
Rien n’est coulé dans le béton : on n’a pas à quitter une chambre d’hôtel
parce qu’on en a une autre réservée ailleurs.
Et les vignobles. Stéphanie avait dit, au printemps, qu’elle
souhaitait boire du vin et voir des châteaux et des églises quand je lui avais
demandé ce qu’elle voulait faire pendant notre séjour. Je lui avais dit, alors,
que ça serait sans doute possible… On a donc fait une liste des vignobles qu’on
voulait voir (et qu’on a vus): Cadillac, Sauternes, Saint-Émilion, Cognac. Pour
faire plaisir à son père, on avait ajouté le Château de Carles à notre liste.
Si on avait su ce qui allait en découler…
Au-delà des vignobles, des vignes et du vin qu’elles
produisent, c’est le partage du vin qui restera gravé dans mon cœur et qui aura
forgé les plus beaux souvenirs. Les visites des châteaux et des vignobles ont
été différemment intéressantes, selon la pédagogie et le talent de
communicateur du guide (Stéphanie et moi, on a un petit côté critique de prof,
disons…) Mais notre rencontre (fracassante!) avec Thierry et son immense
générosité a donné une teinte (rouge bordeaux!) bien particulière à notre
dernière semaine. Une chance qu’il y avait du lousse dans notre planification
parce que beaucoup de choses qu’on voulait faire ont foutu le camp: La
Rochelle, l’Ile de Ré, l’Ile d’Oléron, les Landes… Mais je ne me sens pas du
tout «perdante» d’avoir envoyé promener ces plans de visite, au contraire. Tous
nos diners (vraiment pas prévus) avec cette gang de fous m’ont permis de
réaliser, une fois de plus, que ce sont les relations humaines qui font la vie.
J’en ai sans doute beaucoup plus appris sur la région en jasant avec des gens
qui y vivent réellement… Connaitre
Thierry et ses amis m’a permis de visiter autrement certains vignobles, ayant
un accès privilégié à certains lieux où les touristes ordinaires ne vont
jamais. Mais est-ce que je suis une touriste ordinaire, moi? Au-delà de ces visites secrètes, ce sont ces
rencontres humaines qui resteront gravées dans mon cœur. Je ne sais pas ce que
ça va donner… On se reverra? En principe, je devrai retourner à Bordeaux dans
la prochaine année si je veux finir mon film, bien que ce soit encore au stade
de projet, cette affaire-là. Peut-être qu’on se reverra un jour, à Bordeaux ou
à Montréal, dans quelques mois, dans un an, dans deux ans… Je sais à quel point
je peux être fidèle en amour ou en amitié. Mais qu’en est-il de Thierry? De
Damien? De Pierre? Je n’en sais rien. Aujourd’hui, en écrivant ce bilan, je
vous dirai que je tiens profondément à garder vivantes ces relations-là, mais
je ne sais pas ce qu’il en adviendra. Quelques mois? Quelques années? Plusieurs
années? J’espère que Thierry sera encore dans ma vie quand j’aurai 80 ans et qu’on
se sera revus souvent. À voir la fidélité de mes amis lillois, j’ose croire que
ce sera possible.
Ce que j’ai vécu avec cette bande de fous, tous plus
attachants les uns que les autres, me ramène à ce que je dis de l’enseignement:
aucune matière, aucune discipline, aucun contenu ne peut passer si on n’établit
pas d’abord une relation humaine signifiante avec les étudiants. Et c’est ça la
vie: établir des relations humaines signifiantes. C’est à ces conditions que je
grandis et que je deviens une meilleure personne. Du moins, j’espère.
J’ai l’air pathétique, non? Mais non… Je suis juste heureuse
et je tiens à être consciente de mon bonheur et de ce qui le crée. C’est cette
folie qui m’anime. Ce désir de toujours triper.
Des immenses câlins à Anne, André, Brigitte, Dominique et
Yves. Merci pour votre fidélité.
D’autres immenses câlins à Suzanne et Jim. Merci pour votre
accueil.
Encore d’immenses câlins émus à Thierry. Merci pour tout ce que tu es.
Et d’autres câlins à Pierre, Damien, Benoit, Pascal, Xavier,
Manon, Marie-Laurence, Florence et Hannah. Merci pour votre complicité. Et
tiens, pourquoi pas: Isabelle (du resto Chez Carles) et Gilles (du resto Saillans).
Merci aussi à vous de nous avoir intégrées dans les folies…
Et un dernier pour Françoise. Merci pour cet échange si
enrichissant.
J’ajoute un câlin à Michaël et à Émilie, revus à Paris…
Michaël revu à Montréal, à mon retour. J’espère que notre horaire d’enseignement
de l’automne nous permettra d’aller manger une pidze ensemble, encore… Et à
Émilie que je reverrai bientôt. Merci pour la folie et pour cette journée d’anniversaire!
Je pourrais donner un câlin à mon immense amie Stéphanie,
avec qui il est si agréable de voyager. Je le fais ici, virtuellement. Mais je
sais qu’il ne suffit que de quelques jours pour que je puisse lui en faire un
vrai. Je t’aime, mon nââââmie.
Demain… Tout le voyage en selfies. Parce que c’est une
tradition… commencée l’an dernier.
Bonne rentrée chère Julie
RépondreSupprimerAmitié; André